L'ISF est un domaine où chaque mot des textes fiscaux compte, et où lapproximation na pas droit de cité.
« Je ne parle pas du casse-tête de lévaluation des biens immobiliers, qui ne constitue, malgré son acuité, quune partie du problème et qui est loin dêtre le seul sujet sur lequel les contribuables courent de gros risques à se contenter de conseils glanés ça et là, sur Internet notamment ».
Par exemple, les contribuables qui détiennent leur résidence principale à travers une SCI (Société Civile immobilière) ignorent généralement que l'abattement de 30% ne leur est dans ce cas pas applicable. Un abattement inférieur peut éventuellement être appliqué, mais cela dépend entre autre des statuts. « En jargon fiscal, cela tient au fait que ces sociétés ne sont pas considérées comme fiscalement transparentes, mais translucides ». Malgré les apparences cette distinction correspond à une réalité très précisément définie (en loccurrence, la personnalité juridique de la société). « De façon générale, le thème des SCI et de leur évaluation, quelles aient ou pas des revenus locatifs, fait lobjet de toutes les fantaisies y compris hélas de la part de certains comptables visiblement mal informés, dont les méthodes de calcul me laissent véritablement perplexe ! LAdministration édite pourtant à lintention des professionnels une documentation fort riche qui fournit toutes les explications nécessaires à une évaluation correcte. Il suffit de la connaître et de lappliquer ».
En matière dISF plus que pour nimporte quel autre impôt, il faut particulièrement se garder de parallèles hasardeux, et sen tenir à la stricte interprétation de la documentation fiscale. « Par exemple, labattement de 50 à 75% sur les biens ruraux loués à long terme nest applicable quaux terres détenues directement ou à travers un GFA (Groupement Foncier Agricole). A contrario, si cest une SCI qui les détient, cet abattement nest pas applicable. Même si aux yeux du profane, détenir des parts de GFA, cest pareil que détenir des parts de SCI, fiscalement le traitement sera totalement différent ».
Dans lautre sens, il faut aussi éviter de déclarer les biens qui nont pas à lêtre, comme par exemple les véhicules ou bateaux en LOA (location avec option dachat). « Cela peut paraître évident aucun contribuable naurait lidée de déclarer à lactif de son assiette ISF lappartement quil occupe en tant que locataire ! mais en pratique le cas se présente bien souvent. Là non plus, on ne peut pas faire le parallèle avec les méthodes comptables utilisées dans le cadre de lentreprise : alors que pour évaluer la valeur dune société commerciale, on rajoute à son bilan les biens quelle utilise en crédit-bail, rien de tel pour un particulier. Les contribuables augmentent ainsi à tort leur assiette imposable. Il est à noter que lassistance à la déclaration des revenus, donc le recours à un expert, est déductible des revenus fonciers : selon son taux dimposition, un contribuable peut ainsi déduire de 25 à 50% du montant des honoraires ».
Les experts Finance répondent à toutes vos questions |